L’Étranger d’Albert Camus : résumé

L’étranger est le premier roman écrit par Albert Camus. C’est un roman écrit à la première personne. Le narrateur, Meursault, un jeune employé taciturne, raconte son histoire.
Le roman l’Étranger est très célèbre pour son fameux incipit : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.« 
Ainsi commence le roman l’Étranger d’Albert Camus.

Première partie

Chapitre 1 :

Meursault, reçoit un télégramme lui annonçant le décès de sa mère. L’enterrement doit avoir lieu dès le lendemain. La mère de Meursault vivait dans un « asile de vieillards » dans la localité de Marengo, à 80 kilomètres d’Alger où vit Meursault. Il y a placé sa mère trois ans auparavant, car son salaire ne lui permettait pas de payer une aide-soignante privée.

Au grand dam de son patron, Meursault prend deux jours de congé pour l’enterrement de sa mère. Il emprunte une cravate et un brassard noirs à un voisin ami et prend le bus pour Marengo. Il passe le trajet en bus à somnoler sous le soleil chaud et aveuglant d’Afrique du Nord.

Dans la maison de retraite située en dehors du village, que Meursault atteint à pied, il est d’abord accueilli par le directeur, alors qu’il voulait d’abord voir sa mère. Le directeur exprime à mots couverts sa compréhension pour la situation de Meursault. Il lui présente également le déroulement prévu de l’enterrement : Tout d’abord, une veillée est organisée autour du cercueil, à laquelle participent également quelques pensionnaires du foyer. L’enterrement religieux aura lieu le lendemain matin, délibérément sans la présence des autres pensionnaires de l’asile. En effet, explique le directeur, les décès rendent les pensionnaires de l’asile nerveux pendant plusieurs jours. Le directeur a déjà pris toutes les dispositions nécessaires.

Meursault se rend à la chambre funéraire. Le concierge de la maison de retraite se propose aimablement d’ouvrir le cercueil. Meursault refuse tout en le remerciant. Après un moment de silence, une conversation s’engage entre les deux hommes. Le concierge propose à Meursault un café au lait. Ce dernier accepte. Grand fumeur, Meursault a maintenant envie d’une cigarette. Ne sachant pas s’il est approprié de fumer compte tenu des circonstances, il offre une cigarette au concierge et ils fument ensemble.

A la tombée de la nuit, l’éclairage électrique vif s’allume. Les pensionnaires de la maison de retraite apparaissent les uns après les autres et prennent place sans faire de bruit pour veiller la défunte. On leur sert du café. Une des femmes pleure pendant un moment. Elle explique à voix basse au concierge que la mère de Meursault était sa seule amie ici et qu’elle se retrouve seule maintenant. Sinon, ils passent la nuit en silence, Meursault s’assoupit parfois. Le lendemain matin, le concierge le conduit chez lui pour qu’il sa faire un brin de toilette.

Fatigué, il se met en route le lendemain avec le cortège funèbre. Seuls le directeur, Meursault et le curé suivent le cercueil, ainsi qu’un vieux monsieur, appelé M. Pérez. Ce dernier a été exceptionnellement autorisé à y participer parce qu’il était particulièrement proche de la mère de Meursault. Il a toutefois du mal à suivre le cortège sur le long chemin qui mène au cimetière de Marengo, sous une chaleur étouffante. M. Pérez coupe deux ou trois fois la route sinueuse à travers champs, mais reste tout de même en arrière.

La chaleur fait également souffrir Meursault. Il ne peut pas répondre précisément à la question sur l’âge de sa mère. Tout se brouille devant ses yeux : le village, le cimetière, la brève cérémonie devant la tombe ouverte. A peine celle-ci terminée, il s’assoit dans le bus et est heureux de pouvoir rentrer à Alger et dormir enfin.

Chapitre 2

C’est samedi, Meursault a pu faire la grasse matinée, le week-end démarre. Il décide de passer la journée à la piscine. Il y rencontre la séduisante Marie Cardona, une ancienne dactylo de son bureau dont il avait eu envie à l’époque. Elle lui fait sentir qu’il lui plaît aussi. Il lui explique que sa mère vient de mourir. Marie a un mouvement de recul. Meursault a envie de se justifier mais se ravise.

Ils se donnent rendez-vous au cinéma pour le soir, regardent un film, puis passent la nuit ensemble. Le lendemain matin, Marie est déjà partie de bonne heure, car elle devait aller chez sa tante. Meursault passe toute la journée dans sa chambre. Il ne va même pas manger dans son restaurant habituel, chez Céleste, mais observe surtout de sa fenêtre l’animation dominicale dans la rue principale du faubourg.
Meursault, qui n’aime pas le dimanche, est content que celui-ci soit terminé et de reprendre sa vie au bureau le lendemain.

Chapitre 3 :

Le lendemain matin, le quotidien de Meursault reprend au bureau. Son chef lui présente ses condoléances, Meursault observe de temps en temps l’activité du port, il va déjeuner avec un collègue et ami, Emmanuel.

Le soir, en rentrant chez lui, Meursault rencontre un voisin retraité du nom de Salamano. Celui-ci promène toujours son chien, un épagneul galeux avec une précision d’horloger. Le vieux traite toujours très mal l’animal, tire impatiemment sur sa laisse, l’insulte et le bat.

Meursault a également pour autre voisin, Raymond Sintès, un homme trapu, avec un nez de boxeur et coureur de jupons notoire. Il s’agit peut-être même d’un proxénète si les rumeurs sont fondées. Il invite Meursault à dîner dans sa chambre et cherche à se lier d’amitié avec lui. Il met un pansement autour de sa main car il s’est bagarré avec un type qui lui cherchait des histoires, dit-il.

Raymond Sintès tente de mettre Meursault dans la confidence pour une histoire de femmes. Sintès demande à Meursault de rédiger une lettre grâce à laquelle il veut faire revenir à lui une maîtresse maure prétendument rebelle. Sintès ne se sent pas capable de rédiger une telle lettre seul. Meursault lui rend ce service et le succès escompté se produit au bout de quelques jours.

Chapitre 4

Entre-temps, Meursault va au cinéma avec son collègue après le travail, il rencontre également Marie et ils passent le week-end ensemble. Dans l’immeuble de Meursault, un grand bruit s’échappe de la chambre de Raymond Sintès, qui bat sa maîtresse. (La fameuse femme pour qui Meursault avait redigé la lettre). La police intervient et la jeune algérienne parvient à s’enfuir. Dès lors, Raymond exlique se sentir menacé par les frères de la jeune fille.


Le vieux Salamano, raconte, sur le palier, que son chien a disparu à la fête foraine. Il l’insulte tout de même en l’évoquant, puis rentre chez lui et se met à pleurer. Meursault pense soudain à sa mère.

Chapitre 5

Le patron de Meursault lui propose un travail à Paris, mais Meursault répond qu’il ne veut pas changer de vie. Meursault réalise qu’il n’a rien à faire de l’ambition.
Le soir, Marie vient le chercher et lui parle déjà de mariage, Meursault est fuyant.
Il mange seul au restaurant et lorsqu’il rentre, Salamano lui parle longuement et de façon émouvante de son chien qu’il pense définitivement perdu. Salamano lui dit que dans le quartier, les gens ont mal jugé Meursault pour avoir mis sa mère à l’asile mais que lui comprend qu’il n’avait pas le choix.

Chapitre 6

Raymond invite Meursault et Marie pour une sortie dominicale. Le matin, ils prennent le bus pour se rendre à la maison de plage chez un ami de Raymond, un homme appelé Masson, et sa femme. À l’arrêt de bus, Raymond signale à Meursault la présence de deux Arabes, dont l’un serait le frère de la maîtresse battue.

Malgré tout, la journée s’annonce agréable et sereine. Chez Masson, on prend le petit déjeuner en toute insouciance, puis on se baigne dans la mer. Puis les hommes partent se promener sur la plage, tandis que les femmes s’occupent de la vaisselle dans la maison.

Le soleil est maintenant à la verticale dans le ciel, il a fait très chaud. Sur la plage, les trois hommes rencontrent à nouveau les deux Arabes. Raymond les provoque et en un éclair une bagarre éclate. L’un des Arabes sort un couteau. Raymond reçoit un coup de couteau dans le bras. Puis tout le monde se retire. Raymond est soigné.

L’après-midi, Raymond, d’humeur sombre, se rend seul à la plage. Meursault le suit. Au bout de la plage, ils rencontrent à nouveau les deux Arabes qui se prélassent au soleil près de quelques rochers et d’une source d’eau. L’un d’eux joue de la flûte, sinon ils ne bougent pas. Raymond sort un revolver et est sur le point d’abattre l’un des deux. Mais Meursault l’en empêche. Raymond remet le revolver à Meursault.

Soulagés, les deux hommes retournent à la maison. Le crâne de Meursault résonne sous le soleil. Il est étourdi par la chaleur. La seule pensée du retour imminent en bus est pour lui une torture.

Il se rend une nouvelle fois à la plage, revient malgré la longue marche vers les rochers où se trouve une source fraîche. Dans la chaleur de l’après-midi, le temps semble s’être arrêté. Cette chaleur rappelle à Meursault la chaleur paralysante de l’enterrement. Près des rochers, il ne reste qu’un seul des Arabes. Lorsque Meursault se penche soudain vers l’avant et aperçoit son couteau briller. La sueur coule dans les yeux de Meursault, il titube, sort son revolver et appuie sur la gâchette. Puis après un instant il tire encore quatre fois dans le corps inanimé du jeune homme.

2ème partie du résumé de L’Étranger de Camus

Chapitre 1

Huit jours après son arrestation, Meursault est présenté au juge d’instruction. Meursault pense que son cas est très simple. Mais le juge le sermonne en lui disant que la loi est là pour ça. Meursault ne comprend pas pourquoi on recherche les motifs de son acte apparemment insensé. Il se voit alors attribuer un avocat commis d’office, qui lui annonce qu’on s’est renseigné sur sa vie privée et que son comportement lors de l’enterrement de sa mère a été jugé « insensible » et que cela pourrait jouer en sa défaveur.

Peu après, le juge d’instruction procède à un long interrogatoire. Meursault confirme être une personne plutôt réservée, qui se tait lorsqu’elle n’a rien à dire. Après avoir expliqué une nouvelle fois le déroulement des faits au juge, celui-ci s’emporte en disant que Meursault a tiré à plusieurs reprises sur l’Arabe mort et lui brandit un crucifix sous le nez. Lorsqu’on lui demande s’il croit en Dieu, Meursault répond sèchement par la négative. Le juge lui crie, indigné, que même les négateurs de Dieu finissent par croire au Ressuscité et qu’ils finissent par se repentir. Il estime que Meursault est extrêmement obstiné.

Chapitre 2

De retour dans sa cellule, Meursault se rend peu à peu compte qu’il se sent tout à fait chez lui en prison. Certes, au début, la liberté d’aller où bon lui semble lui manque encore et il a envie d’une femme et de cigarettes. Puis Marie lui rend visite une seule fois, car n’étant pas mariés, elle ne sera pas autorisée à revenir. Elle espère qu’il sera acquitté et qu’ils pourront se marier. Il est certes très attiré par elle, mais aucune conversation ne s’engage, en partie parce qu’il n’a rien à lui dire et en partie à cause du bruit dans le parloir où d’autres détenus s’entretiennent bruyamment avec leurs proches. Il s’habitue rapidement à la prison, à des occupations inutiles pour tuer le temps, et finalement à la perte de toute notion de temps.

Chapitre 3

Meursault, qui toute sa vie n’a jamais eu l’impression que les gens se souciaient de lui, a fait sensation par son homicide. La presse est fortement représentée lors du procès, la salle est pleine à craquer. Le tribunal nomme comme témoins le directeur de la maison de retraite, son concierge, puis Raymond, le voisin Salamano et également Marie.

Le juge veut savoir pourquoi Meursault a placé sa mère à la maison de retraite. Les participants à l’enterrement déclarent que Meursault n’a pas daigné regarder sa mère. Ils disent qu’il a fumé pendant la veillée, qu’il a bu du café, qu’il a dormi, qu’il n’a pas pleuré à l’enterrement et qu’il n’est pas resté pieusement devant la tombe.

Un témoin de la défense, le restaurateur du restaurant habituel de Meursault, explique que Meursault n’a jamais été très bavard, qu’il n’est pas un bavard et que c’est pour cela qu’il l’apprécie comme ami.

Marie doit décrire le week-end suivant l’enterrement, comment ils se sont retrouvés pour prendre un bain, comment ils ont regardé un film comique de Fernandel au cinéma et comment leur histoire d’amour a commencé cette nuit-là. Le procureur triomphe ; Marie sanglote en disant que ses paroles ont été mal interprétées.

Salamano témoigne que Meursault a toujours été bon avec son chien.Quant à Raymond, il explique tout le déroulement du crime, depuis la lettre jusqu’à la présence de Meursault sur la plage, comme un enchaînement de coïncidences malheureuses. Le procureur qualifie Raymond de proxénète et conclut à une complicité moralement monstrueuse entre les deux hommes.
Dans sa plaidoirie, le procureur dépeint Meursault comme un monstre sans âme et sans morale et réclame la peine de mort.

Chapitre 4

L’avocat de la défense, quant à lui, le présente comme un fils modèle et un employé inoffensif et demande si on juge cet homme pour l’enterrement de sa mère ou pour le meurtre d’un homme. Dans sa conclusion, Meursault dit que tout est arrivé « à cause du soleil », ce qui ne fait que provoquer des rires.
Le président du jury énonce le jugement :
Meursault aura la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français.

Chapitre 5

La veille de son exécution, Meursault refuse à plusieurs reprises de parler à l’aumônier. Ce qui l’intéresse maintenant, ce ne sont pas les consolations religieuses, mais de savoir s’il y a encore une possibilité d’échapper au couperet. Il se souvient que sa mère lui a raconté que son père avait un jour vomi pendant une demi-journée après avoir assisté à une exécution en tant que spectateur. Meursault fantasme sur une réforme de l’exécution des peines, puis il se rend compte que le condamné à mort doit souhaiter, dans son propre intérêt, le fonctionnement sans faille et précis de la guillotine.

l'étranger d'Albert Camus résumé

Alors qu’il pense à son recours en grâce à l’heure du crépuscule, il constate qu’il est soudain capable de distinguer les bruits les plus délicats. Il se demande si ce n’est pas la même chose de mourir maintenant ou dans 20 ans et si cela peut le consoler. Enfin, pour la première fois, il pense à nouveau à Marie, qui ne lui écrit plus depuis longtemps, et en réalisant qu’il n’est rien pour elle et qu’elle n’est rien pour lui, il prend toute la mesure de l’absence de relations dans sa vie.

L’aumônier de la prison entre alors dans la cellule. Il ne peut pas comprendre que Meursault, dans sa peur de la mort, ne se tourne pas vers Dieu à la dernière minute. Meursault répond sèchement qu’il n’a plus le temps. L’aumônier ne parvient pas à convertir Meursault. Le condamné à mort finit par hurler sa propre certitude de la mort à l’aumônier,  lui même sûr de sa foi. Meursault l’insulte même. Face à sa propre vie absurde, le monde lui est totalement indifférent.
Meursault se retrouve face à la réalité de sa mort imminente. Pour se sentir moins seul, Meursault ne souhaite désormais plus qu’une chose : être accueilli par des cris de haine de la part de nombreux spectateurs lors de son exécution.

J’espère que ce résumé de l’Étranger d’Albert Camus vous aura plu. N’hésitez pas à me faire part de vos remarques. Dites-moi si vous le trouvez trop court, trop long ou de bonne longueur.

L‘Etranger est un roman de l’absurde d’Albert Camus. Vous trouverez le résumé de la Peste d’Albert Camus ici.

Je vous partage une interview très intéressante de Yasmina Khadra sur Albert Camus.


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